Partager l'article ! Témoignage: Aujourd'hui le globe theatre était fermé... je me suis donc rabattue sur la Tate. A un détour, trois photos foudroyantes. Tro ...
Aujourd'hui le globe theatre était fermé... je me suis donc rabattue sur la Tate.
A un détour, trois photos foudroyantes. Trois femmes. Ce sont les amies - d'une façon ou d'une autre - de la photographe.
Chacune enserre un nouveau-né dans ses bras. Le premier a une heure, le deuxième a un jour, le troisième a une semaine.
Je reste sur place, clouée par la beauté qui émane du triptyque.
Sur le panonceau explicatif, je peux lire que l'artiste a voulu montrer les deux faces de la naissance. Un état lié à l'évènement traumatique vécu par la femme et perceptible dans certains
détails sur la photo (j'en ai "volé" une
mais ce n'était pas
autorisé) qu'on ne voit pas à cause du mauvais cliché et de l'autre, le bonheur et la force que procure ce pouvoir de donner la vie. Sur la première, la femme porte une protection et une culotte
médicale en gaze. Un filet de sang longe sa jambe. Le ventre de la deuxième est encore gonflé par la grossesse, les chairs sont pleines et rondes. Le bas-ventre de la troisième est zébré par la
cicatrice d'une césarienne.
La joie sourde que je ressens à contempler les trois femmes abandonnées à l'objectif m'empêche d'avancer et- de fait -me permet d'entendre les commentaires de ceux qui entrent dans le
box.
Des rires fusent. Certains ne comprennent pas. D'autres s'empressent de quitter la salle.
Les photos ne laissent personne indifférent.
Soudain, une femme plutôt bien habillée et élégante, d'une cinquantaine d'années, s'approche et lâche un "Mais c'est dégueulasse ! " tonitruant. Son mari se détourne. Sur le
pan de droite deux grands formats en vert foncé intitulés "Watching TV". On peut y voir un enfant d'à peine deux ans télécommande en main, le regard fasciné. L'écran est hors champs. L'homme lui
lance alors "ça c'est mignon". Elle se tourne vers lui soulagée.
Le "mignon" me laisse médusée.
J'avance. Plus loin, c'est un autre couple de français : le père et le fils. Ils conversent sur les affiches communistes.
Le père explique que c'est du "réel socialisme"..Il ajoute "Je ne sais pas si tu connais l'histoire...."et entreprend de lui rapporter l'affaire du portrait de Staline fait par Picasso...
Moi j'appelle cela autrement.
Parlons-nous la même langue ?
Les cariatides qui soutiennent invisibles nos quotidiens sont un mélange de clown et de caricatures.
Et le terre tourne encore, mais brevetée.
merci. tu combles l'absence de com. trop compliqué ?
Cool :) et si on se lançait dans l'interpromotion toi et moi ? nous deux contre le monde entier ??? arf... arf ! pftt....
(quant à moi homme de peu de culture, j'apprends, j'apprends que finalement les rapports de Picasso et du PC n'étaient pas si ambigus, plutôt tranchés même...)
Ben en fait, c'est écrit dans le dernier carré... comment j'appelle ça... tu as peut-être fait tomber tes lunettes dans ton café-tartine ?
Merci pour tous les commentaires qui font leur chemin !
Yes !
merci pour ces carnets de voyage !