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Poésie

Lundi 2 mai 2011 1 02 /05 /Mai /2011 19:49

web19

Photo prise le jeudi 28 avril 2011 après Aquergour ( Moyen-Atlas).

 

Une petite fille de dix ans s’en allait au soleil Quel charmeur de serpent rencontra-t-elle sur la place Avant qu’un fou furieux ne s’avise de lui donner des ailes Il y eut des hommes et des femmes Paisiblement attablés à vivre Il y eut un homme et une femme Yeux ouverts à regarder le monde autour d’eux Ils se parlaient Ils riaient peut-être Ou peut-être ne s’aimaient-ils plus Peut-être commençaient-ils à s’aimer Qu'importe Il y eut un homme, des femmes Des hommes et une femme Et puis plus rien. Ils étaient dix puis quinze puis seize

Ils étaient et puis plus rien. A Dihrawud Une petite fille de dix ans s’en allait au marché

"Il y a des blessés et des morts allongés partout sur le sol. Il y a des corps mutilés, leurs mains ou leurs jambes séparées à côté d'eux »

Une petite fille de dix ans s’en allait au marché Elle s’en allait et puis plus rien.

Aujourd'hui une tête est tombée

Mais les coeurs noirs des coquelicots palpitent encore.

 

En écho au texte sur les coquelicots du Babel.


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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 21:34

Ailleurs il est des fils qu'on a envie de tracer dans le ciel bleu entre les cris et les silences très très silencieux.

ailleurs

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Mercredi 6 avril 2011 3 06 /04 /Avr /2011 14:57

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J'ai rien à dire. Il y a trop de bruit partout. Ces deux-là ont le monde devant eux. Au détour d'une rue, la vie en mouvement. 

 

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Samedi 4 décembre 2010 6 04 /12 /Déc /2010 19:58

 

Hier, maman a mis mémé dans la voiture. En fait, en vérité, un peu avant, elle a appelé un taxi. Parce que nous, on n’a pas de voiture. C’est exceptionnel d’appeler un taxi, vous savez. Connaissant maman, je n’en suis pas encore revenu.

Moi je m’appelle Paul. Je suis le fils à ma maman, et mémé, c’est la maman à ma maman. Je ne me souviens plus quand ça a commencé mais ça fait des années qu’on vit ensemble. Depuis même que je suis né, je crois bien. Ma maman, elle n’aime pas la solitude.

J’ai trois grands frères aussi, mais ils sont en pension mes grands frères, et je ne les vois presque jamais. Je suis le quatrième, « le petitquat », qu’on m’appelle.

Hier matin, mémé, elle n’était pas en forme. Faut dire que pendant la guerre, mémé elle dit toujours qu’elle a eu froid et puis qu’elle a eu faim. Quand ça a été l’hiver, ils ont brûlé tout ce qu’ils ont trouvé au fond du jardin. Mon papa, il n’est pas souvent là. Il est militaire. Militaire de carrière. Maman dit toujours que c’est rapport à pépé qui était dans les douanes. Douanier-chef. Sauf que pendant la guerre il a résisté, mémé, elle dit. Un jour, ils sont venus le chercher mon pépé, il est parti et il est pas revenu.

Alors mémé, elle est restée chez nous et on a continué à habiter tous ensemble. Parce que papa, lui, il est resté militaire et il n’st pas souvent là.

Quand il vient nous voir, on a intérêt à être bien sages. Maman, elle lui met toujours son assiette. Même s’il est parti pour plusieurs mois. Il fait du parachute mon papa. Et la dernière fois qu’il est rentré sans son parachute, moi je ne l’ai pas reconnu, mais maman, elle s’est mise debout devant la table et elle l’a regardé, tout étonnée. Il y a eu un grand silence.

J’ai continué à manger mon os de poulet, avec les doigts. Papa, la première chose qu’il a dite avec sa grosse voix, c’est : « Alors, on est devenus des sauvages ici pendant mon absence ? ».

J’ai reposé l’os et j’ai regardé ma maman. Heureusement, maman, quand papa n’est pas là, non seulement y a mémé, mais parfois, elle a aussi ses copines.

Et comme mon papa, il n’est pas souvent là, alors forcément, elle a beaucoup de copines. Elles sont gentilles les copines à ma maman. Elles me font des caresses et puis aussi elles m’offrent des bonbons, en me disant que je dois être bien gentil avec ma maman et ma mémé.

Celle qui était là, ce jour-là, elle était encore plus gentille que les autres. Elle a même tenu tête à mon papa et elle lui a répondu : « Dis donc, t’as déjà ton assiette, faudrait pas exagérer tout de même ! ». Mon papa, il n’a rien dit, il m’a juste mis sa grosse main sur la tête et il a tout mélangé mes cheveux en regardant ma maman en souriant.

Si je vous raconte tout ça c’est pour que vous compreniez que vraiment, appeler un taxi, ce n’est pas un truc qu’on fait tous les jours chez nous !

Donc maman, elle a mis mémé dans la voiture. Avant, elle lui a mis un gros manteau, et puis aussi un bonnet et une écharpe. Même qu’elle lui a mis ses lunettes de vue, celles qui sont fumées et qui lui donne l’air d’un gros scarabée. Moi je mes suis dit que c’était bizarre parce que ce matin, il n’y avait pas de soleil. Elle l’a aidée à marcher jusqu’à la voiture avec Ginette, sa copine et je les ai regardées partir. Maman faisait vite, elle ne parlait pas. J’ai pas pu dire au revoir à ma mémé. Maman, elle n’a pas voulu. Le soir, elle est revenue et elle a dit  que tout s’était bien passé et que demain on pourrait aller voir mémé.

Elle a dit ça à sa copine Ginette. Moi je ne comprenais rien, alors quand elle m’a envoyé me coucher, je suis resté en haut des marches de l’escalier et j’ai écouté ce qu’elles disaient.

Ginette, elle a demandé comment avait réagi le docteur.

Maman elle a répondu qu’elles étaient arrivées, qu’elle avait appelé au secours, et que le docteur  n’avait plus eu qu’à constater. Il a même fait un certificat à ma mémé. Peut-être qu’elle est allée passer son certificat d’études, ma mémé, je me suis dit, tout fier. Et puis maman, elle a dit qu’elle avait drôlement bien fait. Que comme ça, elle avait accéléré les choses et que elle avait pas eu à demander un permis.  Que vraiment, c’était scandaleux de demander de l’argent pour ça.. Que ça lui avait fait faire des économies, que par les temps qui courent, c’était pas du luxe, sacrée nom d’une pipe…  Parce que les frais de transport pour conduire ma mémé dans son village, en caisson spécial, c’était vraiment trop cher. J’ai pas entendu la suite, parce que je me suis endormi.

Demain, à ma mémé, je vais lui demander, c’est quoi un caisson spécial.

 

 

 

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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /Juil /2010 19:10

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Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /Juil /2010 11:41

les-copains.jpg

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Mercredi 9 juin 2010 3 09 /06 /Juin /2010 10:36

à mon amie Claire.

 

J’ai la gueule d’amour

Je t’ai trop picolée

Trop aimée

Ton cœur en moi tout contre ficelé

Et au fond de ma bouteille

J’aurais aimé serrer plus fort

Pour ne pas te laisser t’en aller

 

J’ai la gueule d’amour

Je t’ai trop éclusée

Trop levé le coude

Dans ton regard cerise cocktail 

Et aux couloirs du monde

Nos silhouettes petite et grande

Embrouillées comme des exosquelettes de verre

 

J’ai la gueule d’amour

Je t’ai trop robinée

Trop adorée

J’ai cru te perdre dans ma mémoire

Ta première fois dans mon dos

Je pestais pariais ronchonnais t’étais qui toi

Ça puait ce que je croyais ne jamais pouvoir aimer

 

 

J’ai la gueule d’amour

Je t’ai trop écopée

Trop roulée dans mes cales

Ton corps large comme une armoire

S’est décalé me laissant à découvert

Ma peau distendue à sa limite

Ventre déchiré, douleur de mes ovaires tout contractés

 

 

J’ai la gueule d’amour

J’ai la gueule de travers

Trop bu à ta douceur

Trop chopiné ton rire en grenade ensoleillée

Ma tête me fait mal, mes tripes sont en vrille

Ça lancine et ça tire

Tu m’as laissée seule hier

 

 

J’ai la gueule d’amour

Quelqu’un aurait un aspirine ?

 

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Mercredi 9 juin 2010 3 09 /06 /Juin /2010 10:35

C'était il y a bien longtemps

Sur le pont des arts

Ils étaient deux

Deux de plus

Rien de plus

Les bancs glacés

Figés d'en avoir tant vu

Les regardaient

Se déplacer à pas comptés

 

Ça murmurait

Que ces deux-là…

Bref, que ces deux-là

N'iraient sûrement pas très loin

Sur le pont des arts

Ce soir-là

L'amour ne passait pas

Rien de plus

 

Une silhouette emmitouflée

Avait cherché à glisser

Ses pas dans ceux de l'autre

Joues raidies de froid

Haleines chaudes

Mains tremblantes

De la peur d’être refusées

Et les corps tendus

S'étaient à peine frôlés

Bras dessus bras dessous

Sur le pont des arts

L'amour oublie parfois

Ses rendez-vous

Rien de plus

Un peu plus tôt

Deux livres échangés

Un fond de café

Dans un nuage de fumée

Les avaient conduits là

Presque immobiles

Silencieux

Deux inconnus

Vacillants dans le froid

Sur le pont des arts

Ce jour-là

Or parfois

C'est juste une rencontre de trop

Rien de plus

 

Deux rames plus tard

Il l'avait déjà remerciée

Et comptait poursuivre ailleurs

Sa vie pointillée

Figée sur le quai 

Elle était restée à attendre 

Un baiser refusé, un simple signe d’amitié

Alors sage et soumise dans un dernier trait

Elle avait pirouetté 

Et s'en était allée

 

Sur le pont des arts

Depuis il a dû s'en retourner souvent

Pendu à d'autres bras,

Cloué à d'autres bouches

Rien de plus

 

Alors sur le pont des arts

Elle n'est plus jamais allée

Et d'autres désormais

Lui en parlaient.

 

 

 

 
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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 22:47

 

Vol-au-vent mon âme pochon de plastique noir

Gonflée comme le pâté engorgé dans un four

 

Vole au haut du ciel ravie

À la terre secouée de mille secousses

Aux corridors de velours gris

Ennuagés de la tempête qui s’abat sur la ville

 

Les araucarias empruntés

S’agitent du nez

Dans les torsions du vent

 

Profond

Rien n’en crève tout reste étale

 

Cherchant parmi les ombres au sol

Celle qui tient fermement le fil d’airain

Tendue à son extrême

Mon âme

Au vent follet

Se déplie

 

Cloche aux pois

Une petite fille de dentelle

Tourneboule rose en sa corolle de voile léger

Les pieds dans la poussière

Lourde et sucrée.

 

Soudain la pluie enfin s’annonce.

 

 

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