Publié le 3 Décembre 2010

essaouira11.JPG

Dans ma solitude, caressée par la voix étrange du muezzin, je somnole vaguement, j'attends quelque chose qui ne vient pas. Evidemment, il ne faut pas être sorcier pour savoir que je suis en pause. En pause de quoi ? Disons que j'ouvre les yeux et que je les écarquille. Parfois, j'en attrape des brûlures terribles. Je croyais qu'avec l'âge viendraient la sagesse et la paix. Il n'en est rien. Je découvre un monde inconnu. J'amasse dans ma tête. Elle gonfle. Mes temps fragiles se gondolent. Heureusement parfois l'appareil prend ce que je ne sais plus dire. Ce jour-là, l'appareil était vissé à ma hanche. Il ne l'a pas vu, c'est moi qu'il regardait. Se souviendra-t-il de moi comme moi je l'ai inscrit en ma mémoire ?

 

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Fragon

Publié dans #écriture expérimentale

Repost0

Publié le 16 Octobre 2010

C’est quelque chose qu’il lui écrit comme ça, un jour, parce qu’il la voit se débattre. Il s’inquiète un peu pour elle. Entre-deux. Tu passes ton temps entre-deux, il lui dit. Elle prend ses mots et elle les mâche. Une liste apparait. Elle la parcourt. Elle balance. Un coup d’œil à droite et puis à gauche. En quoi serait-elle au milieu de quelque chose ? Elle voit les enfants qu’elle aime, les pays qu’elle traverse, le métier qu’elle voudrait quitter parce qu’il la lasse. Elle entend les soupirs de l’homme qui attend au loin. Soudain elle s’examine suspendue parmi toutes ces choses. Un peu plus tard, elle se réveille en larmes absolument tétanisée par la peur sournoise qui envahit son corps et son esprit. Toujours la même terreur, profonde, violente, incontrôlable. A un moment ou à un autre, elle va obligatoirement disparaître. Qu’elle soit en bonne santé ou pas. C’est son leitmotiv à elle. Sa boule étouffante, sa bouffée délirante. Elle pense que s’il dit vrai, si elle est vraiment entre-deux, il faudrait bien qu’elle se dépêche de rejoindre une rive. La vie ne lui permettra peut-être pas de revoir ses mômes, ses parents, et cet homme au long cours qui s’absente trop souvent.

Il lui dit entre-deux et elle voit des gouffres. Un risque permanent. Des dangers aux quatre coins des rues, des pièges dans chacun des jours qui s’annoncent. Au plus profond de son sommeil elle lutte de toute sa volonté, bat des bras et se réveille. L’oreiller est trempé. Tant de temps à être loin de ceux et celles qu’elle aime. Entre-deux ? Dans un certain sens, c’est vrai. Il n’a pas tellement tort. La vie se révèle un entre-deux. Un chemin entre le rien et le néant. Elle, elle se voit à l’intérieur, absolument seule et naviguant en toute conscience ou presque. Ça lui est difficile de concevoir un truc pareil. La disparition. Comment accepter que tout puisse se dissiper ? Un jour elle ne sera plus et ils ne seront plus. Dans quel ordre ? Elle prie pour partir la première. Si elle n’y peut rien, elle consent à céder à plus fort qu’elle mais qu’on lui fasse grâce du décès de ceux qu’elle aime. Un jour et puis un autre à avancer avec cette angoisse. Elle observe autour d’elle, tout lui semble normal. La mort est là mais elle se tient à distance. Elle guette. Les gens se hâtent, ils se poussent, ils rient et la dépassent. Elle se demande où sont leurs désastres. Elle, il faut se détacher, se préparer minutieusement, reprendre la respiration des jours anesthésiés. Elle a très peur la nuit.

Elle se répète qu’entre-deux ça peut signifier tout et son contraire en fin de compte. Elle pourrait être le cœur. Entre deux côtes. Le noyau, l’ombilic, la clé de quelque chose. C’est peut-être cela qu’il a voulu lui dire sans qu’il le sache lui-même. Elle est le pivot d’un tas de choses très fragiles auxquelles elle tient, seul le présent lui importe.

Voir les commentaires

Rédigé par Fragon

Publié dans #Idées noires

Repost0

Publié le 12 Septembre 2010

C’est un été très particulier. Je rêve de plongée profonde. C’est toujours le même rêve. J’ai mon matériel, masque, tuba et ceinture de plombs, la bouteille bien ajustée au creux des reins. Une plongée profonde sans mélange. Au moment où tout le monde se lance, je reste sur le plat-bord, il me manque des palmes.

- Merde, j’ai pas de palmes.. Personne aurait des palmes ? Ils ne m’entendent pas. De toute façon, ça serait vraiment une coïncidence extraordinaire s’il se trouvait une personne à bord pour avoir une paire de palmes à ma pointure et dont elle ne se servirait pas. Je me tiens seule et inutile. Ils sont déjà dans la verticale. J’aperçois leurs bulles dans le bleu minéral. Peu à peu leurs corps sont totalement absorbés. Parfois, le rêve est encore plus douloureux. Avant même de réaliser que j’ai oublié de chausser mes palmes, j’ai sauté. La mort presque assurée si l’on n’a pas le réflexe de bazarder le tout à toute vitesse. J’ai perdu un copain un peu comme ça un jour, bêtement. Il avait un matériel tout neuf. Au bout de quelque temps, à lutter contre le courant, il s’est essoufflé, s’est peu à peu asphyxié et n’a pas pu remonter, incapable dans sa panique de décapeler son matériel mal maîtrisé. On l’a retrouvé quelques jours plus tard. Il a fallu faire la feuille morte pour retracer son parcours et réussir à localiser son corps. Mais l’histoire des palmes oubliées, c’est une blague usée qui se transmet au bord des piscines et sur les ponts des bateaux de plongée. C’est sûrement une façon d’exorciser ses peurs que de dire à la volée qu’on en a toujours vu un qui a coulé à pic parce qu’il avait sauté sans vérifier l'ensemble de son matériel. Ça jette un froid. Chacun y va de son ricanement un peu nerveux. Moi je rêve de ça souvent. À vrai dire, depuis l’utilisation des stabilisateurs à la place des vieilles Fenzi, ça ne peut quasiment plus arriver. La plupart gonflent légèrement leur stab avant de s’immerger. Ils ont l’air de bouchon de liège ou de canards qu’on plongerait à l’envers dans une bassine jaune électrique et qui nous montreraient parfois leur petit cul rebondi. Quand je me mets à rêver de plongée, je sais que je ne vais pas bien. C’est le signe que mon cerveau est en bonne santé. Il m’alerte et évacue - par ses propres moyens- mon stress. Oui, j’avoue, c’est pas la grande forme.

Un mois en enfer. Nous nous laissons couler. Chacun derrière son masque se demande combien de temps la descente durera.

Un jour, quelques semaines en arrière. Ça commence par un constat. On n’est pas très bien là où l’on est.. on aimerait partir ailleurs. Ce n’est pas vraiment un projet. Mais moi j’y pense depuis longtemps. Tu n’es pas très chaud, mais tu en comprends cependant les raisons. J’ai l’habitude de te suivre, tu en es conscient et tu m’en remercies parfois. Cette fois-ci j’aspire à inverser les mouvements. Tu mets du temps, mais rallies ma cause et nous entreprenons les formalités. Je reste sceptique de longs mois. J’ai du mal à accepter l’idée que tu t’y résolves.

Car très vite, je réalise que ce que nous sommes en train de faire est un véritable bouleversement. Il va y avoir de la casse. Les difficultés à surmonter sont énormes. La plus étonnante est sûrement ta peur irraisonnée que je te quitte pour un autre que toi. Il n’en est pourtant pas question. Même pas besoin que j’ajoute l’adverbe « absolument ». Je t’emporte avec moi malgré nos fréquentes séparations. Le changement n’a rien avec un quelconque mal-être dans notre histoire qui se tricote encore. Je reste seulement persuadée qu’on doit avancer. On fait chacun son tour. Longtemps tu as été le moteur. J’ai envie de prendre un peu les rênes. Ça évite les murs de la dépression et l’impression que nos vies sont au bout de leur rouleau.

Mais notre aventure tourne court au cours de l’été. Rien ne se présente comme on l’avait rêvé.

À l'approche des obstacles les mots s’emportent. Les regards se font lourds et vitreux. Les rides plissent les fronts. On devient laids. Voie directe vers l’abjection. Les plaintes se croisent. Nous nous écorchons à grands coups de griffes On ne se reconnaît plus, on ne se touche plus. Tu réussis à provoquer en moi ce que tu crains le plus. Comme si pousser à bout mes résistances pouvait te rassurer alors qu’au contraire ton comportement me fait détester celui que tu es et me force à te dire que je vais te quitter, là, tout de suite, que tu ne mérites que ça. Tu te tais. Je monte en puissance. Parfois je m’arrête net de nous voir aussi répugnants. Mais très vite on recommence notre cirque, les reproches fusent de nouveau et rien ne nous obligera à renoncer. Ça dévale. Faut-il bêtement croire à l’amour pour regarder sans plier les fils distendus de nos patiences émoussées. Un montage en pression parfait que la chair se contente d’absorber, l’esprit ventilant à toute vitesse pour éviter la surchauffe. Bouton rouge de l’alarme en permanence activée. Après des jours de lutte pour déterminer les responsabilités de la tempête que nous traversons, le matin de ton départ, la façon très personnelle que tu as de presser mon cou me rend confiance.

Dans la foule les jours d’après, je cherche ton reflet. L’asphalte graisseux fait crisser mes pneus. Je patine légèrement évitant de justesse une vieille Peugeot au guidon déglingué et aux roues voilées. Sur le grand boulevard qui longe la mer, je piaffe dans l’embouteillage quand je réalise que les quatre files continues ne sont là que pour permettre aux automobilistes d’aller s’empiffrer au Mac do du coin. Tu me manques terriblement.

Voir les commentaires

Rédigé par Fragon

Publié dans #écriture expérimentale

Repost0

Publié le 8 Septembre 2010

J’aurais dû tuer le chat dès le jour de notre mariage.

Quand j’entends cette phrase, c’est un homme qui me la rapporte. Il est très fier de lui et rigole en me regardant du coin de l’œil. D’un sourcil interrogatif, il m’incite à lui demander de poursuivre.

Je m’exécute, m’attendant un peu au pire. Mais j’ai l’habitude. Il ne me faut pas longtemps pour comprendre où il veut en venir et que j’aurais mieux fait de laisser courir.

Il m’explique qu’ici, « Tuer le chat dès le jour du mariage », ça signifie battre sa femme. À bâton rompu. Très fort et très vite. Et ce, dès les tout premiers jours de la vie commune, histoire qu’elle comprenne le sens du mot maître et qu’une fois pour toutes, elle ne se risque pas en récriminations futiles.

Alors qu’il me raconte sa petite histoire, un large sourire barre son visage. Mon cœur se soulève. Ce soir, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La maison est sens dessus-dessous, ça pue la clope dans toutes les pièces, ça fait quinze jours qu’on essaie en vain de s’installer, le chien n’a plus d’espace et cherche ses repères tout en faisant ses besoins un peu partout. Au même moment, je réalise que je me déplace dans un monde où certains hommes pleurent après ce qu’ils imaginent être un droit ancestral.

Je souris d’un air pincé et laisse entendre que je comprends que c’est une blague mais au fond de moi mes tripes se cisaillent et mon cœur est révulsé. Voici soudain que j’en ai assez de la vie commune, assez de faire des concessions et plus qu’assez de passer pour la méchante. J’ai envie d’être seule et libre et je vous assure que ce n’est pas le chat que j’ai envie de tuer moi !

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Fragon

Publié dans #FLASH

Repost0

Publié le 16 Juillet 2010

breve-de-bus0001.JPG

 

Voir les commentaires

Rédigé par Fragon

Publié dans #Poésie

Repost0

Publié le 11 Juillet 2010

Aujourd'hui le globe theatre était fermé... je me suis donc rabattue sur la Tate.
A un détour, trois photos foudroyantes. Trois femmes. Ce sont les amies - d'une façon ou d'une autre - de la photographe.
Chacune enserre un nouveau-né dans ses bras. Le premier a une heure, le deuxième a un jour, le troisième a une semaine.
Je reste sur place, clouée par la beauté qui émane du triptyque.
Sur le panonceau explicatif, je peux lire que l'artiste a voulu montrer les deux faces de la naissance. Un état lié à l'évènement traumatique vécu par la femme et perceptible dans certains détails sur la photo (j'en ai "volé" une photo-7.jpgmais ce n'était pas autorisé) qu'on ne voit pas à cause du mauvais cliché et de l'autre, le bonheur et la force que procure ce pouvoir de donner la vie. Sur la première, la femme porte une protection et une culotte médicale en gaze. Un filet de sang longe sa jambe. Le ventre de la deuxième est encore gonflé par la grossesse, les chairs sont pleines et rondes. Le bas-ventre de la troisième est zébré par la cicatrice d'une césarienne.
La joie sourde que je ressens à contempler les trois femmes abandonnées à l'objectif m'empêche d'avancer et- de fait -me permet d'entendre les commentaires de ceux qui entrent dans le box.

Des rires fusent. Certains ne comprennent pas. D'autres s'empressent de quitter la salle.

Les photos ne laissent personne indifférent.

photo-14.jpgSoudain, une femme plutôt bien habillée et élégante, d'une cinquantaine d'années, s'approche et lâche un "Mais c'est dégueulasse ! " tonitruant. Son mari se détourne. Sur le pan de droite deux grands formats en vert foncé intitulés "Watching TV". On peut y voir un enfant d'à peine deux ans télécommande en main, le regard fasciné. L'écran est hors champs. L'homme lui lance alors "ça c'est mignon". Elle se tourne vers lui soulagée.

Le "mignon" me laisse médusée. photo-11

J'avance. Plus loin, c'est un autre couple de français : le père et le fils. Ils conversent sur les affiches communistes.

Le père explique que c'est du "réel socialisme"..Il ajoute "Je ne sais pas si tu connais l'histoire...."et entreprend de lui rapporter l'affaire du portrait de Staline fait par Picasso...

Moi j'appelle cela autrement.

Parlons-nous la même langue ?


 

 

photo-12-copie-1.jpg

Voir les commentaires

Rédigé par Fragon

Publié dans #écriture expérimentale

Repost0

Publié le 11 Juillet 2010

les-copains.jpg

Voir les commentaires

Rédigé par Fragon

Publié dans #Poésie

Repost0

Publié le 11 Juillet 2010

 

blog-4.jpg

Voir les commentaires

Rédigé par Fragon

Publié dans #écriture expérimentale

Repost0

Publié le 11 Juillet 2010

blog2

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Fragon

Publié dans #écriture expérimentale

Repost0

Publié le 11 Juillet 2010

blog1

Voir les commentaires

Rédigé par Fragon

Publié dans #écriture expérimentale

Repost0

Publié le 11 Juillet 2010

blog3

Voir les commentaires

Rédigé par Fragon

Publié dans #écriture expérimentale

Repost0

Publié le 11 Juillet 2010

blog5

Voir les commentaires

Rédigé par Fragon

Publié dans #écriture expérimentale

Repost0

Publié le 27 Juin 2010

Le pourquoi des silences ? ça déménage... d'Accra vers Casa !

 

démanagement 3démanagement2

demenagement.jpg

Voir les commentaires

Rédigé par Fragon

Repost0

Publié le 9 Juin 2010

C'était il y a bien longtemps

Sur le pont des arts

Ils étaient deux

Deux de plus

Rien de plus

Les bancs glacés

Figés d'en avoir tant vu

Les regardaient

Se déplacer à pas comptés

 

Ça murmurait

Que ces deux-là…

Bref, que ces deux-là

N'iraient sûrement pas très loin

Sur le pont des arts

Ce soir-là

L'amour ne passait pas

Rien de plus

 

Une silhouette emmitouflée

Avait cherché à glisser

Ses pas dans ceux de l'autre

Joues raidies de froid

Haleines chaudes

Mains tremblantes

De la peur d’être refusées

Et les corps tendus

S'étaient à peine frôlés

Bras dessus bras dessous

Sur le pont des arts

L'amour oublie parfois

Ses rendez-vous

Rien de plus

Un peu plus tôt

Deux livres échangés

Un fond de café

Dans un nuage de fumée

Les avaient conduits là

Presque immobiles

Silencieux

Deux inconnus

Vacillants dans le froid

Sur le pont des arts

Ce jour-là

Or parfois

C'est juste une rencontre de trop

Rien de plus

 

Deux rames plus tard

Il l'avait déjà remerciée

Et comptait poursuivre ailleurs

Sa vie pointillée

Figée sur le quai 

Elle était restée à attendre 

Un baiser refusé, un simple signe d’amitié

Alors sage et soumise dans un dernier trait

Elle avait pirouetté 

Et s'en était allée

 

Sur le pont des arts

Depuis il a dû s'en retourner souvent

Pendu à d'autres bras,

Cloué à d'autres bouches

Rien de plus

 

Alors sur le pont des arts

Elle n'est plus jamais allée

Et d'autres désormais

Lui en parlaient.

 

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Fragon

Publié dans #Poésie

Repost0

Publié le 25 Mai 2010

Il pleut. Quelques feuilles collent à ses semelles. Automne humide. On lui demande quand même de jouer dehors. Elle bat le pavé, cailloux en main. Ricochets sur les boites à lettres alignées comme autant de bouches muettes. Parfois, un gravillon réussit son essai. Encouragée, elle redouble d’efforts. Ça sent la terre mouillée. Quelques plocs s’égouttent au plafond. Lassitude. Elle se rapproche. Le facteur est passé. Elle parcourt les ouvertures, repère une lettre parmi le vomissement de prospectus. L’enveloppe est gonflée. Ses doigts forcent le passage et s’en saisissent. Elle se sauve et s’installe sous un arbre. Sa prise fait plus de quatre pages. L’encre est noire, l’écriture masculine. Avide, elle lit, contemple les mots, avale la pensée de l’homme. Serments d’amour, promesses de caresses, et souffrances dues à l’absence. Un frisson la parcourt. Un désir la prend. D’un geste, elle la déchire et cavale jusqu’au sixième. Dans la chambre, elle reconstituera patiemment les morceaux à coup de papier collant, copiera d’une main malhabile « Arrivée en l’état » puis dévalera de nouveau les marches quatre à quatre afin de réparer son crime.

Voir les commentaires

Rédigé par Fragon

Publié dans #FLASH

Repost0