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Publié le 1 Janvier 2011

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Que les clowns s'agitent encore pour les quelques mois qui viennent...que la terre poursuive son va et vient... pas la peine de souhaiter quoi que ce soit... prenons ce qui existe...

Juste un coeur qui bat par exemple.

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Rédigé par Fragon

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Publié le 8 Septembre 2010

J’aurais dû tuer le chat dès le jour de notre mariage.

Quand j’entends cette phrase, c’est un homme qui me la rapporte. Il est très fier de lui et rigole en me regardant du coin de l’œil. D’un sourcil interrogatif, il m’incite à lui demander de poursuivre.

Je m’exécute, m’attendant un peu au pire. Mais j’ai l’habitude. Il ne me faut pas longtemps pour comprendre où il veut en venir et que j’aurais mieux fait de laisser courir.

Il m’explique qu’ici, « Tuer le chat dès le jour du mariage », ça signifie battre sa femme. À bâton rompu. Très fort et très vite. Et ce, dès les tout premiers jours de la vie commune, histoire qu’elle comprenne le sens du mot maître et qu’une fois pour toutes, elle ne se risque pas en récriminations futiles.

Alors qu’il me raconte sa petite histoire, un large sourire barre son visage. Mon cœur se soulève. Ce soir, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La maison est sens dessus-dessous, ça pue la clope dans toutes les pièces, ça fait quinze jours qu’on essaie en vain de s’installer, le chien n’a plus d’espace et cherche ses repères tout en faisant ses besoins un peu partout. Au même moment, je réalise que je me déplace dans un monde où certains hommes pleurent après ce qu’ils imaginent être un droit ancestral.

Je souris d’un air pincé et laisse entendre que je comprends que c’est une blague mais au fond de moi mes tripes se cisaillent et mon cœur est révulsé. Voici soudain que j’en ai assez de la vie commune, assez de faire des concessions et plus qu’assez de passer pour la méchante. J’ai envie d’être seule et libre et je vous assure que ce n’est pas le chat que j’ai envie de tuer moi !

 

 

 

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Rédigé par Fragon

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Publié le 25 Mai 2010

Il pleut. Quelques feuilles collent à ses semelles. Automne humide. On lui demande quand même de jouer dehors. Elle bat le pavé, cailloux en main. Ricochets sur les boites à lettres alignées comme autant de bouches muettes. Parfois, un gravillon réussit son essai. Encouragée, elle redouble d’efforts. Ça sent la terre mouillée. Quelques plocs s’égouttent au plafond. Lassitude. Elle se rapproche. Le facteur est passé. Elle parcourt les ouvertures, repère une lettre parmi le vomissement de prospectus. L’enveloppe est gonflée. Ses doigts forcent le passage et s’en saisissent. Elle se sauve et s’installe sous un arbre. Sa prise fait plus de quatre pages. L’encre est noire, l’écriture masculine. Avide, elle lit, contemple les mots, avale la pensée de l’homme. Serments d’amour, promesses de caresses, et souffrances dues à l’absence. Un frisson la parcourt. Un désir la prend. D’un geste, elle la déchire et cavale jusqu’au sixième. Dans la chambre, elle reconstituera patiemment les morceaux à coup de papier collant, copiera d’une main malhabile « Arrivée en l’état » puis dévalera de nouveau les marches quatre à quatre afin de réparer son crime.

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Rédigé par Fragon

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Publié le 21 Mai 2010

C’est le plein été. Elle traine. Un ennui vertigineux anéantit sa volonté. Elle a décidé de se glisser dans un des immeubles. Dans le hall, le sol est d’un marbre froid, noir, veiné de blanc. Elle se déchausse, marche pieds-nus, refroidit peu à peu la plante de ses pieds. Sous les marches, dans l’encoignure, légèrement masqué par l’ombre, un landau d’enfant a été garé. Elle se met à fouiller. Miracle, sous le minuscule matelas, les doigts rencontrent quelque chose. Ce sont des clés. Elle s’en saisit, les soupèse puis les enfonce profondément dans sa poche. Son cœur décélère à peine quand elle quitte la cage d’escalier.  

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Rédigé par Fragon

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Publié le 19 Mai 2010

Il doit être âgé d'à peu près sept ans. Il est petit, fils unique, d’origine slave. Ses jambes sont des quilles. Sa peau est pâle comme un verre de lait. Je n’aime pas le lait. Il me suit partout. Il piaille trop, il me harcèle. Ses assauts pour se faire entendre m’ennuient. Dieu a imprimé à son visage une myriade de taches de rousseur. Elles tournent au rouge écarlate quand la colère le prend. C’est la terreur de nos jeux. Un après-midi de désœuvrement alors qu’il me tourmente une nouvelle fois, je me saisis de ses pieds, entame un mouvement circulaire et projette sa tête contre le mur qui borde notre habitation. J’entends son hurlement. Il précède juste l’impact.

Je m’en sortirai avec une punition d’une semaine et une soirée sans manger ni boire.

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Rédigé par Fragon

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Publié le 3 Mai 2010

C’est une boîte en carton déposée bêtement sous le bureau du professeur. Il s’y  trouve des pièces. Elles ont été récoltées pour une association de paralytiques. C’est l’été. Tous les soirs en sortant de l’école, les filles accolent brutalement leurs bicyclettes au mur de la boulangerie et entrent se payer des sorbets. Citron, orange, elle les regarde avec envie, pas un sou en poche. Dans les jours qui suivent il manque de l’argent. La boîte se vide. Elle, heureuse, pédale à tout va, la bouche suintante de l’eau sucrée qui fond au creux de ses gencives roses et luisantes.

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Rédigé par Fragon

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